Thursday, January 26, 2006

Témoignages

Je viens d'écouter votre témoignage sur France-Culture : génial dans sa clarté et son intelligence, tout y est dit avec dignité et bon sens, rien ŕ ajouter ! Ca devrait faire réagir, c'est sûr.Tenez-nous au courant, tous ceux qui vous ont contactéBien ŕ vous Magatte (et bonjour ŕ votre p'tite fille !)
Emmanuelle

Bonjour, j'ai lu votre insupportable mésaventure sur info net. Je suis bien sűr outré par ce qui vous est arrivé. Et aussi de penser que le temps n'est pas si loin où cela arrivera chez nous. J'espère que vous arriverez à faire reconnaître, dans cette affaire, votre droit ŕ circuler sans être jugé au faciès. C'est en fait notre droit ŕ tous et notre dignité qui est en jeu. Cordialement
Eric Falconetti

Bonsoir MAGATTE,

On ne se connaît pas on ne sait jamais vu mais votre histoire me touche et me révolte en męme temps. Comment l'Espagne qui se dit pays démocratique peut accepter d'avoir des policiers bourreaux à l'aéroport de Madrid par délit de faciès tabassent les paisibles passagers à cause de la couleur de leur peau. En plus une femme sans défense de surcroît une radioteuse, c'est scandaleux ! Nous devrions tous signé une pétition en bonne et due forme à déposer partout où il y a une représentation espagnole. Votre histoire m'a rappelé cette jeune nigériane qui fut étouffé avec les coussins par les policiers belges: Samira ADAMU n'est plus de ce monde. Si la France ne peut pas réagir mais nous entant que citoyens du monde devront dénoncer cette attitude raciste, xénophobe et masochiste des policiers espagnols qui se sont cru tout permis.
Merci





Bonjour Magatte,
Je suis André-Eugene ILBOUDO, Président de l'Union des Radios Communautaires de l'Aire Francophone (Urcaf). Hélas, ce que tu as vécu, c'est ce que vivent tant de noirs dans les aéroports et autres lieux de transit, et même souvent pire. Heureusement (?) toi tu as la chance de pouvoir écrire et dénoncer ces ignobles faits.
Mais imagine toutes les tragédies silencieuses et gratuites de tant noirs malmenés, menottes, étouffés. Je suis prêt a envoyer, comme je le fais au niveau de l'Urcaf, toujours une lettre de protestation a tous ceux a qui cela devrait être envoie. Mais la il faut que tu me donnes des contacts. Garde ton courage, reçois toute mon estime et ne te laisse pas abattre par tant de brut(es)alites. André-Eugčne ILBOUDO Ce qui nous reste à faire est bien plus que ce que nous avons déjà fait.
















Lettre à Magatte battu

Pour avoir demandé un traitement équivalent au européens



Plus le monde avance

Plus mon rêve devient insensé

Dans la crispation de leur peur

Se referme les fenêtres de l’égalité

Une frontière un barrière

Aux portes de notre humanité

Pour une prétendue animalité

Ils créent encore et encore

Des traitements différenciés

Alors aujourd’hui nous sommes

Parqués

Séquelles traumatiques revisités

Ravivant nos plaies

Je continue de ręver

De l’égalité dans la différence comme fin

Pour un combat sans fin

Nous





Au delà de l'émotion que suscite immanquablement cette histoire, nous aimerions savoir comment pourrions nous agir et réagir pour que plus jamais cela ne soit possible? ma question est donc simple: quelle action pouvons nous mener ici et maintenant (marche,pétition, témoignage,...) pour dire notre dégoût ?keb Je ne sais quoi dire devant tant d'ignominies ??!! Faut-il en vouloir aux espagnols ou aux douaniers ??? C'EST VERITABLEMENT SCANDALEUX !!! ET TRISTE !!! Personnellement je sais que cela ne m'arrivera jamais, du moins en Europe, puisque je suis blanc.... mais cela pourrait arrivé à ma femme puisqu'elle est noire ou à mon fils puisque qu'il n'est pas tout à fait blanc Et si cela m'arrivait à Dakar ??? Tout le monde s'indignerait évidement !! L'homme blanc est imbu de lui même et s'est toujours senti supérieurs aux autres, surtout aux noirs ... que faire pr changer cela ?? Réclamons moins de violence et plus d'humanité et de respect envers tous que l'on soit noir, marrons, gris ou rose comme un cochon ... mais par quelle tribune ?? J'aime pourtant bien l'Espagne ... enfin sûrement pas autant que le Sénégal... mais voilà je voulais juste vous témoigner mon indignation pour que vous sachiez que vous n'êtes pas seul .... ces fumiers ne l'emporteront pas au paradis ... et si vous avez les moyens (à l'aide d'une association éventuellement) ... faites les condamner afin que l'impunité ne soit plus de mise !! Je vous trouve très courageux et j'invite tous les noirs que l'on parque ainsi de façon discriminatoire à se rebeller comme vous l'avez fait pour que l'on ne tombe pas en Europe dans ce que l'on a vu en Afrique du Sud ou enAmérique il n'y a pas si longtemps (les blancs d'un côté les noirs de l'autre). EN AVANT POUR UN MONDE PLUS JUSTE, OU TOUT LE MONDE A SA PLACE QUELQUES SOITSA COULEUR, C'est pas gagner mais bon, COURAGE !! Yannick Perrot Thierry
Aujourd'hui je vous offre un poème de Fernando D'Almeida journaliste camerounais : Luminaire

J'écris le mot Peuple
Sur les murs du monde
Pour que l'aube piégée
Par l'aventure des mots
Soit l'intégrité
Et la conscience autonome du poème
J'écris le mot enfance
Pour la fascination du lointain

J'ai toujours marché
Sur l'asphalte des rues
Pour atteindre l'ailleurs
Qui suscite l'inquiétude
Ecrivant ŕ l'écart des modes
J'ai toujours pris le parti
Des hommes qui épongent
en accord avec eux męme leur souffrance

Je voudrais que mon poème
Se déploie lyrique
Au-delà des limites
De mon pays
J'ai foulé la rive littorale
De l'écriture et voilà
Que rassasié d'images
Je cherche les coordonnées de mon chant
(...)
Comme un homme de savane
Comme un homme de cailloux
Je voudrais rameuter la subversion
Quand le poème s'accorde à l'envergure des choses
Je voudrais à l'heure de l'épreuve quotidienne
Extirper des entrailles de mon peuple
Le cancer du désespoir et de la misère
Afin que demain j'avance dans la démence de la parole

Comme un éclaireur du matin
Allant ŕ la coupée des continents
Aujourd'hui mieux qu'hier
Je veux vivre au voisinage de mon peuple
A l'heure de la Conjonction du Feu et de l'Eau
Je veux m'avancer dans le vertige de l'écriture
Pour retrouver jusqu'au bout de la nuit
Les mots accordés à la rébellion


Extrait de l'Espace de la parole, Silex.

1 comment:

ananda said...

Bonjour cher ami. j'ai lu avec attention ta mésaventure espagnole et je compatis à la douleur physique et morale que tu as dû ressentir. Mais s'il y a quelque chose de bon dans cette histoire - même le plus grand mal cache un grand bien- c'est que tu aies gardé jusqu'au bout une attitude de dignité et de révolte juste. une juste colère face à l'injustice débordante, exprimée selon les voies de l'humanité face à des brutes. Ils t'ont frappé, insulté, méprisé. Mais au fond, ils se sont eux-même frappés, insultés, méprisés, prisonniers qu'ils sont des états d'animalité et de colère auxquels les confinent leur ignorance. Je suis sûr que tu as dû ressentir une grande pitié pour des personnes aussi mentalement arriérées et que tu t'es même demandé ce qu'il est possible de faire pour les tirer de leur état de souffrance. car autant que tu as remarqué l'humanité de l'infirmière qui t'a soigné au bout de l'incident, autant tu as pu comprendre que tes bourreaux étaient en réalité des animaux déguisés en hommes, ou peut être des hommes qui a force de maintenir leur attention figée sur ce qu'il y a de plus bestial en eux avaient entamé le chemin inverse de la civilisation, celle de la regression. et ce constat aurait été valable, quelle que fut la couleur de leur peau. Le combat contre le racisme aujourd'hui devrait sans doute prendre un autre chemin, que la repression, seule méthode usité aujourd'hui tend à voiler: aider les gens à faire leur révolution humaine, c'est à dire à faire surgir dans leur vie de chaque jour ce qu'il y a de meilleur en eux. A ce moment là, chacun comprendra que la couleur de la peau n'est rien d'autre que l'habit dont la nature dans son immense bienveillance nous revêtit selon les contraintes de notre environnement de naissance ou celui de nos ancêtres, et que, passé ce vêtement, on trouve le même homme ou la même femme, dont la vie est toujours le plus précieux de tout les trésors, qu'il soit pygmées de la forêt gabonaise, Inuit des pôles glacés ou flambeur parisien. Bon courage mon frère, et regarde tes bourreaux d'hier, s'il te plait, avec l'oeil de compassion de celui qui se sait en présence de personnes profondément malheureuses, et qui se servent de la violence et du racisme comme d'un exutoire de leur profond mal être.
Et puisse ton courage, ta grande maîtrise de toi-même, ton témoignage servir d'exemple à tous ceux qui font, ont fait ou feront face à de telles expériences désagréables. et ainsi à chaque fois, les bourreaux seront surpris, et comprendront que ce sont eux les petits
René Dassie